Passer à l’électrique à Cotonou transforme la mobilité urbaine. Avec des motos électriques déjà bien implantées, voici les points clés à retenir :
- Économies importantes : Jusqu’à 40 % de réduction des coûts quotidiens grâce à des batteries rechargeables pour environ 1 200 FCFA, bien moins cher que l’essence.
- Impact sur la santé : Réduction des émissions toxiques et des nuisances sonores, un atout majeur pour la qualité de vie des habitants.
- Infrastructure en développement : Plus de 60 stations d’échange de batteries facilitent l’usage quotidien, malgré une autonomie limitée à 70 km.
- Défis financiers : Le coût d’achat initial reste élevé pour beaucoup, bien que des plans de paiement flexibles et des exonérations fiscales soient disponibles.
- Problèmes techniques : Stabilité du réseau électrique et recyclage des batteries nécessitent des solutions durables.
La transition vers l’électrique à Cotonou est en marche, mais des efforts restent nécessaires pour surmonter les obstacles. Les avantages financiers et environnementaux encouragent toutefois une adoption croissante.
Au Bénin, les motos électriques ont conquis les rues de Cotonou
Avantages des véhicules électriques

Comparaison des coûts : Motos électriques vs essence à Cotonou
Air plus pur et émissions réduites
Les motos électriques éliminent complètement les émissions d’échappement. À titre de comparaison, une moto-taxi fonctionnant à l’essence produit environ 15 tonnes de CO₂ par an. Avec 250 000 conducteurs de zemidjan à Cotonou, cela représente un total de 3 750 000 tonnes de CO₂ chaque année.
Shegun Adjadi Bakari, PDG de Mauto, illustre l’impact positif de ces motos sur l’environnement :
« Vous savez, quand vous conduisez une moto à essence, en termes d’émission de gaz, elle pollue beaucoup. Et au-delà des émissions de dioxyde de carbone, il y a aussi l’émission de particules fines. Tout cela disparaît lorsque vous passez aux motos électriques. »
Cette évolution est une réponse directe à un problème de santé publique. La pollution atmosphérique due au trafic routier est une cause majeure de mortalité dans les grandes villes africaines. En plus de réduire la pollution de l’air, ces motos diminuent également les nuisances sonores, offrant ainsi une conduite plus agréable. Edwige Govi le souligne : « Elles sont très silencieuses et ne dégagent pas de fumée ».
Réduction des coûts d’exploitation
Les motos électriques permettent des économies significatives, notamment sur les coûts de carburant. Par exemple, une recharge complète d’une batterie (73,6 V) coûte environ 1 200 FCFA (≈1,80 €) et offre une autonomie de 70 km. Cela représente une réduction de 30 à 40 % par rapport aux dépenses en carburant, qui se situent entre 1 400 et 2 100 FCFA (≈2,10–3,20 €) pour 2 à 3 litres d’essence.
Octave, un conducteur de zemidjan électrique, partage son expérience : « Je gagne plus d’argent qu’avec ma moto à essence ». Un autre chauffeur ajoute : « Une recharge de 1 000 FCFA peut fournir jusqu’à trois jours de mobilité, alors que le même montant en essence ne couvre qu’une seule journée ».
Les frais d’entretien sont également nettement inférieurs. Hervé Houton, un autre chauffeur, décrit les avantages mécaniques :
« Les motos que vous voyez n’ont pas de chaîne, pas de courroie, pas de piston. Donc, compte tenu de toutes les dépenses que nous faisions pour les autres motos, les choses sont légèrement différentes avec celle-ci. »
En termes de prix d’achat, les motos électriques sont désormais compétitives : elles coûtent environ 480 000 FCFA (730 €), contre 490 050 FCFA (750 €) pour un modèle à essence. L’assemblage local dans la Zone Industrielle de Glo-Djigbé rend ces motos encore plus accessibles.
Amélioration de la performance de conduite
Grâce à leur conception simplifiée, sans chaîne, courroie ou piston, les motos électriques offrent une conduite fluide, idéale pour les trajets urbains dans une ville comme Cotonou. Cette mécanique épurée réduit les vibrations, améliorant ainsi le confort pour les conducteurs comme pour les passagers.
Octave de Souza met en avant ces avantages pratiques :
« C’est très économique et il n’y a pas besoin de faire une vidange, il n’y a pas besoin de remplacer les moteurs et autres pièces. Il suffit de changer la batterie ».
Pour maintenir leur productivité, les conducteurs peuvent compter sur plus de 60 stations d’échange de batteries, installées à Cotonou début 2023. Ces stations permettent de remplacer une batterie déchargée en quelques minutes, un gain de temps précieux pour leur activité quotidienne.
Défis liés à l’utilisation des VE à Cotonou
Stations de recharge limitées
À Cotonou, l’infrastructure publique pour recharger les véhicules électriques reste très insuffisante. Contrairement aux besoins spécifiques des voitures électriques, le marché local s’appuie surtout sur des réseaux privés pour l’échange de batteries. Bien que Spiro (anciennement M-Auto) ait installé 60 stations début 2023, l’autonomie des batteries, limitée à environ 70 km par charge, oblige les conducteurs à multiplier les arrêts.
Latif, un conducteur de zemidjan, partage son expérience :
« Je les change [les batteries] deux ou trois fois par jour. Si seulement elles pouvaient être plus autonomes »
De plus, installer une borne de recharge chez soi représente un investissement conséquent : entre 2 300 € pour un chargeur lent et jusqu’à 33 000 € pour une borne rapide.
Un autre défi majeur est l’absence d’une filière locale pour recycler les batteries au plomb et au lithium, ce qui soulève des préoccupations environnementales.
Mais les infrastructures ne sont pas le seul obstacle : le coût d’acquisition des véhicules électriques freine aussi leur adoption.
Prix d’achat élevés
Le prix initial des véhicules électriques reste un frein important. Par exemple, une moto électrique « Chap-chap » coûte 695 000 FCFA (1 059 €), contre 600 000 FCFA (914 €) pour un modèle à essence classique. Les modèles plus avancés, comme le « Commando », atteignent 883 720 FCFA (1 347 €).
Shegun Bakari, PDG de Mauto, résume bien le problème :
« Beaucoup de chauffeurs de taxi vivent avec moins d’un dollar par jour, ils n’achèteront donc pas un véhicule électrique simplement parce que c’est meilleur pour l’environnement ; cela doit être une proposition attractive »
Avec un accès très limité au crédit, de nombreux acheteurs se tournent vers des véhicules d’occasion plus abordables. Comme le souligne Rokeeb Yaya, consommateur à Cotonou :
« Je ne peux acheter que ce que mon argent peut se permettre »
Pour rendre ces véhicules plus accessibles, Spiro propose des plans de paiement flexibles (quotidiens, hebdomadaires ou mensuels). En parallèle, le gouvernement béninois a supprimé la TVA et les droits de douane sur les véhicules 100 % électriques.
Cependant, même avec ces initiatives, des défis liés au réseau électrique persistent.
Problèmes de stabilité du réseau électrique
La fiabilité du réseau électrique est une autre barrière importante pour l’adoption des véhicules électriques. Une recharge non contrôlée à domicile pourrait augmenter la demande de pointe quotidienne de 24 %, si seulement 5 % des véhicules étaient électriques. Les transformateurs, déjà sous pression, risqueraient des pannes coûteuses.
L’anxiété liée à l’autonomie pousse les conducteurs à recharger leurs batteries par précaution, ce qui aggrave encore la pression sur le réseau. Dans ce contexte, le système d’échange de batteries constitue une solution pratique, permettant de recharger pendant les heures creuses, sans dépendre des besoins immédiats des conducteurs.
Une autre piste serait l’adoption d’une recharge intelligente, avec des tarifs variant selon les heures. Cette approche pourrait réduire les coûts jusqu’à 40 % et limiter les pressions sur les transformateurs. L’Energy for Growth Hub souligne d’ailleurs :
« La recharge gérée offre des avantages équivalents à un investissement de 15 millions de dollars dans le stockage par batteries tout en évitant 100 000 dollars de remplacements prématurés de transformateurs »
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Autonomie réelle à Cotonou
Autonomie en circulation urbaine
Dans les rues encombrées de Cotonou, les véhicules électriques (VE) se comportent différemment des modèles à essence. Les arrêts fréquents, typiques des embouteillages, permettent aux VE de récupérer de l’énergie grâce au système de freinage régénératif. Cette technologie compense en partie la consommation accrue due aux redémarrages constants. Ce mécanisme joue un rôle clé dans la gestion de la consommation énergétique globale.
Les motos électriques, de plus en plus présentes, reflètent cette transition vers une mobilité plus propre. Leur conception, sans chaînes ni courroies, leur confère une robustesse idéale pour les trajets urbains.
Pour ce qui est des voitures électriques, la consommation en ville oscille entre 13 et 17 kWh/100 km, bien inférieure aux 25 à 30 kWh/100 km enregistrés sur autoroute. Les modèles BYD disponibles à Cotonou affichent des autonomies annoncées de 420 à 570 km. Cependant, en conditions réelles, ces chiffres peuvent diminuer de 10 % à 30 %, notamment en raison de l’utilisation fréquente de la climatisation.
Le réseau routier de la ville, constitué à 85 % de petites rues souvent congestionnées, impose des vitesses réduites et des arrêts prolongés, ce qui augmente la consommation énergétique. Aux heures de pointe, entre 6h00 et 11h00, puis de 17h00 à 18h00, la combinaison de la chaleur et du trafic dense sollicite encore plus les batteries. Ces défis mettent en avant la nécessité d’adapter l’utilisation quotidienne des VE aux spécificités locales.
Impact du climat sur les performances de la batterie
Outre les exigences du trafic, le climat tropical de Cotonou influence fortement la performance des batteries. Si les batteries lithium-ion tolèrent bien la chaleur, les modèles LFP (Lithium Fer Phosphate) se montrent plus résistants aux températures élevées que les batteries NMC (Nickel Manganèse Cobalt). C’est un atout non négligeable dans un environnement où la climatisation, omniprésente, peut réduire l’autonomie de 10 % à 15 % supplémentaires.
L’humidité élevée, typique des zones côtières, nécessite des systèmes de gestion thermique performants pour limiter la dégradation des cellules. Par ailleurs, les batteries perdent naturellement 1 % à 3 % de leur capacité chaque année, un phénomène accentué par des températures extrêmes. Malgré cela, les batteries lithium-ion, grâce à leur faible taux d’autodécharge, peuvent conserver leur charge efficacement, même après plusieurs jours sans utilisation.
Pour maximiser l’autonomie, quelques astuces peuvent être appliquées : précharger l’habitacle pendant que le véhicule est branché, utiliser le mode « Eco » en conduite et maintenir une pression optimale des pneus pour limiter la consommation énergétique.
Comment adopter les VE à Cotonou
Installer une borne de recharge à domicile
Pour faciliter l’utilisation d’un véhicule électrique (VE) à Cotonou, l’installation d’une borne de recharge à domicile est essentielle. Avec une tension standard de 220 V utilisée au Bénin, il est possible d’installer une borne de recharge de niveau 2 sans nécessiter de modifications électriques complexes. Ces bornes permettent de recharger complètement une batterie en 2 à 8 heures.
Il est recommandé de faire appel à des professionnels certifiés du Projet de mobilité urbaine durable du Grand Nokoué. Ce programme, soutenu par un financement de 200 millions de dollars de la Banque mondiale en mai 2025, prévoit la création de 17 000 emplois spécialisés, notamment dans l’installation et la maintenance des infrastructures de recharge pour VE.
Pour l’achat des équipements nécessaires, il est possible de contacter des partenaires spécialisés situés au Port de Cotonou. Ces initiatives techniques jouent un rôle clé dans l’accélération de l’adoption des véhicules électriques dans la région.
Programmes de soutien gouvernemental
Le gouvernement béninois met en place des mesures concrètes pour encourager la transition vers les VE. Ces initiatives incluent des allègements fiscaux et des plans de paiement flexibles, rendant ainsi les VE plus accessibles, notamment pour les conducteurs à revenus modestes.
« Ce financement permettra non seulement de libérer le potentiel économique de la région et d’améliorer la productivité, mais aussi de renforcer l’inclusion sociale et la durabilité environnementale », a déclaré Nestor Coffi, Directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Bénin.
Dans le cadre de ces efforts, le gouvernement ambitionne de remplacer 70 % des motos-taxis (zemidjan) par des modèles électriques pour réduire la pollution urbaine. Déjà, en janvier 2023, environ 3 000 motos électriques circulaient dans les grandes villes du Bénin, notamment à Cotonou, Porto-Novo et Ouidah.
Pour ceux qui recherchent une alternative plus économique, d’autres options sont disponibles.
Acheter des VE d’occasion
Opter pour un véhicule électrique d’occasion est une solution économique et adaptée au contexte local de Cotonou. Avec le Bénin figurant parmi les cinq principaux importateurs de véhicules d’occasion en Afrique, le marché des VE de seconde main y est en pleine expansion.
Avant de faire un achat, il est crucial de vérifier l’état de la batterie et de consulter des plateformes comme AutoMag.bj. Ce site offre des outils pour comparer les prix et l’historique d’entretien des véhicules, tout en fournissant des conseils pratiques pour évaluer leur compatibilité avec les infrastructures locales.
De plus, un service d’échange de batteries est disponible dans 57 centres à Cotonou. Cet échange rapide, qui coûte 1 000 francs CFA (environ 1,50 €), ne prend que deux minutes. Cela simplifie encore davantage l’adoption des VE, même pour les modèles d’occasion.
Conclusion
La transition vers les véhicules électriques à Cotonou ouvre de nouvelles perspectives pour améliorer la qualité de vie en milieu urbain. En effet, passer à l’électrique permet de réduire les coûts d’exploitation et d’entretien de 30 % à 40 %, tout en ayant un impact positif sur l’environnement.
Pour surmonter les obstacles initiaux, des solutions ingénieuses ont été mises en place. Par exemple, les infrastructures de recharge comptent aujourd’hui plus de 57 points où il est possible d’échanger une batterie en moins de deux minutes pour 1 000 FCFA (environ 1,50 €). De plus, des exonérations fiscales sur la TVA et les droits de douane, combinées à des options de financement flexibles, rendent ces véhicules plus accessibles pour les usagers.
Grâce à ces avancées et aux mesures d’accompagnement, la transition vers l’électrique devient une réalité tangible à Cotonou. Les initiatives gouvernementales et les solutions de financement permettent à un plus grand nombre de citoyens d’investir dans cette technologie.
L’électrique à Cotonou n’est désormais plus une simple aspiration, mais une option viable et concrète. Le lancement de plus de 2 000 motos électriques dès début 2023 en est une preuve éclatante. Ces progrès montrent que l’électrique n’est pas seulement un rêve pour demain, mais bien un outil de modernisation déjà en marche dans la ville.
FAQs
Quels sont les avantages économiques des motos électriques à Cotonou par rapport aux modèles à essence ?
À Cotonou, les motos électriques se distinguent par leurs avantages économiques impressionnants par rapport aux modèles à essence. Les conducteurs peuvent réduire leurs coûts d’exploitation jusqu’à 40 %, principalement grâce à des dépenses en carburant quasi inexistantes et à des frais d’entretien réduits. Contrairement aux moteurs thermiques, les motos électriques n’ont pas de pistons, de chaînes ou d’autres pièces mécaniques complexes, ce qui diminue les besoins en maintenance.
En parallèle, le gouvernement béninois soutient activement cette transition en exonérant la TVA et les droits de douane sur les motos électriques. Cette mesure rend leur prix d’achat plus abordable. Avec ces avantages fiscaux et des coûts d’utilisation réduits au quotidien, ces véhicules représentent une option séduisante pour ceux qui cherchent à optimiser leur budget sans sacrifier la praticité.
Quel impact le climat de Cotonou a-t-il sur les batteries des véhicules électriques ?
À Cotonou, les températures dépassent souvent les 30 °C, combinées à une forte humidité. Ce climat peut poser des défis pour les batteries des véhicules électriques. La chaleur excessive accélère leur dégradation, réduit leur capacité et, par conséquent, diminue l’autonomie des véhicules, même avec des systèmes de gestion thermique intégrés.
Pour limiter ces effets, il est conseillé d’éviter de stationner le véhicule en plein soleil ou de procéder à une recharge pendant les heures les plus chaudes. Bien que les systèmes de gestion thermique soient conçus pour maintenir une température idéale, ils ne peuvent pas totalement contrer les impacts des conditions extrêmes. Ces éléments doivent être pris en compte pour optimiser l’utilisation des véhicules électriques dans un environnement comme celui de Cotonou.
Quelles mesures le gouvernement béninois a-t-il prises pour encourager l’utilisation des véhicules électriques ?
Le gouvernement béninois a mis en place des mesures pour inciter les citoyens à opter pour des véhicules électriques. Parmi ces initiatives, on retrouve l’exonération de la TVA et des droits de douane sur les véhicules entièrement électriques. L’objectif ? Rendre ces modèles plus accessibles financièrement et faciliter la transition vers une mobilité plus respectueuse de l’environnement.
Ces démarches s’inscrivent dans un effort plus large visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à promouvoir des solutions de transport adaptées aux réalités locales. En encourageant l’utilisation de ces technologies, le Bénin cherche à allier progrès technologique et préservation de l’environnement.
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